Une baisse, ce n’est pas une perte (tant que vous ne vendez pas)
Si vous ouvrez votre application un matin et voyez −10 %, la première réaction est souvent l’inquiétude. C’est normal. Mais il faut distinguer deux choses :
- Une baisse « sur le papier » : la valeur de vos placements est plus basse aujourd’hui qu’hier. Vous n’avez rien perdu tant que vous n’avez pas vendu.
- Une perte réelle : vous vendez à un prix plus bas que celui d’achat. La baisse devient alors définitive.
Les placements en Bourse ne montent pas en ligne droite. Ils montent, ils baissent, ils remontent. Les baisses sont normales et font partie du fonctionnement des marchés. Elles sont le prix à payer pour espérer un rendement supérieur à celui d’un livret.
Ce que l’histoire nous apprend
Sur le long terme, les grands marchés d’actions mondiaux ont toujours fini par remonter après leurs plus fortes baisses. Voici quelques exemples célèbres : la durée écoulée avant de retrouver le sommet d’avant la chute.
Trois enseignements, qu’il faut garder ensemble :
- Les baisses temporaires sont la règle. Sur plusieurs décennies, les marchés d’actions mondiaux ont progressé malgré les krachs, les guerres, les pandémies et les crises financières.
- La remontée peut être rapide ou longue. Quelques mois en 2020, plus de cinq ans après 2008, quinze ans pour le Nasdaq après la bulle internet.
- Rien n’est garanti. Le Japon a mis plus de trente ans à retrouver son sommet de 1989. Un seul marché, une seule entreprise ou un seul trader peut ne jamais revenir. C’est pourquoi on diversifie sur de nombreux actifs et pays, et pourquoi l’on investit uniquement de l’argent dont on n’a pas besoin à court terme.
À retenir Statistiquement, la Bourse mondiale a progressé sur le long terme, par à-coups. Cette hausse n’est pas une promesse : c’est une tendance observée sur de longues périodes, qui demande de la patience et de la diversification.
Pourquoi une chute demande une remontée plus grande
Il y a un piège arithmétique : après une baisse, il faut une hausse plus grande pour revenir au point de départ.
| Baisse du portefeuille | Hausse nécessaire pour revenir au point de départ |
|---|---|
| −10 % |
+11,1 %
|
| −20 % |
+25,0 %
|
| −25 % |
+33,3 %
|
| −40 % |
+66,7 %
|
| −50 % |
+100,0 %
|
Cela ne doit pas faire peur, mais cela explique pourquoi les profils les plus risqués demandent plus de patience : une chute de 40 % exige une hausse de près de 67 % pour être effacée.
Investir seulement l’argent dont vous n’avez pas besoin
La règle la plus importante : n’investissez pas l’argent dont vous aurez besoin dans les deux ou trois prochaines années (loyer, projet, imprévus). Gardez une épargne de précaution sur un livret. Ainsi, une baisse ne vous oblige jamais à vendre au pire moment.
Choisir un profil dont vous supportez la baisse
Posez-vous cette question honnêtement : si mon portefeuille baissait de 25 % sur le papier, est-ce que je garderais mes placements en attendant la remontée ? Si la réponse est non, choisissez un profil plus prudent. Un portefeuille un peu moins performant que vous gardez vaut mieux qu’un portefeuille ambitieux que vous vendez en panique.
Investir régulièrement plutôt que d’un seul coup
Investir un peu chaque mois lisse votre prix d’achat. Quand les prix baissent, vous achetez plus de parts pour le même montant. Cela ne supprime pas le risque, mais rend les baisses moins stressantes.
Regarder moins souvent
Consulter son portefeuille chaque jour accroît l’anxiété sans améliorer le résultat. Une fois par mois ou par trimestre suffit pour un investisseur long terme.
Et les dividendes dans tout ça ?
Les dividendes sont versés même quand le cours baisse, tant que l’entreprise les maintient. Ils offrent un revenu pendant la traversée du creux, et si vous les réinvestissez, vous rachetez des parts à bas prix, ce qui accélère la remontée. Mais un dividende peut aussi être réduit en cas de crise : c’est un revenu probable, pas garanti.
L’essentiel en cinq phrases
- Une baisse n’est pas une perte tant que vous ne vendez pas.
- Les grands marchés mondiaux ont toujours fini par remonter, parfois vite, parfois après de longues années.
- Rien n’est garanti : diversifiez et investissez sur la durée.
- N’investissez pas l’argent dont vous aurez besoin à court terme.
- Choisissez un profil dont vous supporteriez la baisse sans paniquer.